La trilogie de l’exaspération

L’exaspération du prince / Latex Burkah / Eden 2.0

Léon Louis Véga

Les Z’Ateliers de la Tête de Bois (Honfleur) – Scène amateur FNCTA

Les trois volets de cette trilogie tournent autour d’un procédé théâtral très ancien, le Chœur, vivant ou électronique, qui exprime le paradoxe humain : nous sommes irrémédiablement tous ensemble et chacun d’entre nous est irrémédiablement seul. Dans l’Exaspération du Prince, celui-ci délivre à contre cœur un message à une horde de journalistes ; dans Latex Burka une femme surgit voilée devant les médias pour attirer l’attention sur les causes qu’elle défend ; dans Eden 2.0, qui se situe dans un futur lointain où tous les problèmes des humains sont résolus, l’héroïne essaie de sauver notre monde voué à la disparition contre la volonté de ses contemporains.

Latex Burka est une création du festival pour cette année 3 de la trilogie. Ce projet en trois actes sur trois années arrive à son terme. Il répond au désir de faire collaborer plusieurs compagnies de la région et de mélanger des genres : ainsi amateurs et professionnels, théâtre et vidéo se côtoient, et les frontières s’effacent… Représentation unique, à ne pas rater.

Distribution : Jocelyne Aucher, Servanne Avezard, Eddy Barré, Yvonne Brière, Patrick Le Cerf, Magali George, Louise Guesnet, Jocelyne Leroy, Marine Gérard, Sylvie Raoul, Sabine Rault, Marianne Reiner

Texte et vidéo : Léon Louis Véga

Mise en scène : Lorena Felei, Bernard Vercier

Une laborieuse entreprise

Hanokh Levin

Théâtre Arnold  (Paris – Le Havre) – Scène professionnelle

Compagnie en résidence : création 2019 pour le festival Paroles Paroles

Yona, reproche tout à sa femme Léviva. A son tour, elle lui oppose toutes ses contradictions, ses lâchetés et petit à petit l’émotion les submerge… Tous les efforts qu’ils feront pour se rapprocher n’aboutiront qu’à des querelles. Au travers de cette comédie cinglante, Hanokh Levin passe en revue ce qui constitue les couples. Mais ce qu’ils ont rêvé pour eux-mêmes n’est plus possible.

Une fois encore, l’auteur dévoile son grand talent d’écriture : la langue est forte, subtile et l’humour particulièrement grinçant. Les personnages trouvent au fond de leur désespoir une pulsion de vie incroyable. Vifs, drôles et cruels, ils touchent au burlesque. Un sacré défi que les deux comédiens relèvent avec brio, portés par une mise en scène subtile et enlevée qui sert le texte au plus juste.

Avec Camille Behr et Bernard Vercier

Mise en scène : Clara Schwarzenberg

 

Jeu de planches

Jean-Paul Alègre

Compagnie : Ici et maintenant (Le Havre) – Scène amateur FNCTA

On joue sur les planches, mais est-ce bien un jeu ? Comment déjouer les pièges tendus par l’administration, s’orienter dans les labyrinthes des demandes de subventions, gagner les précieuses faveurs d’un féroce et influent critique dramatique… Deux comédiens ont oublié de vérifier qu’ils jouent bien dans la même pièce, deux autres ne se sont pas mis d’accord sur le sens du verbe répéter, bref, voici la vie des planches avec des incidents et beaucoup d’amour pour le théâtre !

Venez (re)découvrir ce dynamique groupe d’amateurs qui nous avaient charmés il y a quelques années avec leur interprétation de la célébrissime pièce de Jaoui / Bacri Un air de famille. Cette année, ils font le pari de mettre en lumière les saynètes de Jean-Paul Alègre qui dévoilent avec tendresse et bonne humeur les envers du décor de ce monde si mystérieux qu’est le théâtre.

Distribution :  Annie Germain – Carole Petit – Florence Haugel – Marie Christine Hautot – Sabrina Hauchecorne – Solene Colboc -Yvan Manach – Florent Bouriel – Eric Fauquant – Stéphanie Leconte

Mise en scène : Fauquant Eric

 

Retour à Reims

Laurent Hatat, d’après une adaptation de l’essai sociologique de Didier Eribon

 Compagnie : Théâtre du Tux Hinor (Le Havre) – Scène amateur FNCTA

A la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims et retrouve son milieu d’origine, le monde ouvrier, avec lequel il a rompu depuis plus de trente ans. Les retrouvailles entre un fils et sa mère sont toujours un moment de grande émotion. Elles le sont encore plus quand le temps, les itinéraires personnels, les failles intimes et les destinées sociales ont édifié des barrières difficiles à franchir.

« Je veux en faire du théâtre parce que c’est un grand livre, un livre utile, un livre dont la lecture vous change. Retour à Reims est un acte de résistance »   déclare l’auteur, Laurent Hatat. Quant aux comédiens, ils confient : « Quand le parcours intime d’un fils d’ouvrier rejoint l’histoire sociale et politique des 30 dernières années, c’est bien d’humanité qu’il s’agit…. »  « Retour à Reims est une sorte de drame intime qui résonne avec l’actualité, un passage fluide entre l’individuel et le collectif. Une analyse sociétale transformée en un beau moment de théâtre ! »

Une compagnie, un univers, un engagement à découvrir.

Distribution : Evelyne Deschamps, Michel Martret, Mickaël Millet

Mise en scène : Chantal Lebourg

Le motif

Guy Foissy

Compagnie : Théâtre d’en Haut (Rouen) – Scène amateur FNCTA

L’art de la chute…

Deux femmes, deux vies ! Quand Sophia rencontre Sophie, l’une semble être le bourreau, la main vengeresse. L’autre ne sait pas pourquoi elle est ici.  Mais toutes deux se parlent. Que comprennent-elles ? Et que perçoit le public ? Sophia enlève Sophie… Sophie est belle et plait à Sophia ! Mais pourquoi, pour quel MOTIF ? La fin, le dénouement très rapide, délivre une réponse surprenante. La réponse est dans l’art de la chute…. deux minutes avant la fin. Alléchant, non ? Qui résisterait ?

D’année en année le Théâtre d’en Haut ne cesse de nous surprendre. Et c’est toujours un immense plaisir de replonger dans les univers absurdes ou insolites qu’ils aiment défendre. De Madame Marguerite à Pipe show dans les Alpes en passant par La Leçon de Ionesco, nous en arrivons à ce Motif : venez, sans hésiter !

Distribution : Laetitia Georget, Christelle Juillet

Mise en scène: Jacques Tyc

Ni une ni deux

Eugène Durif

Théâtre de l’acte (Saint-Lô) – Scène amateur FNCTA

 « Ni une ni deux » met en scène deux personnages féminins et un musicien, sur une scène, dans une situation qui les dépasse, les perturbe, prisonniers de leur condition. Dans ce truculent ballet de jeux de mots et de quiproquos, ces trois personnages sont de ceux qui ratent mais « s’ajustent au fiasco ». Tout cela ponctué par les interventions agacées et pressantes d’un régisseur. En somme, comment exister à tout prix au regard des autres quand on n’a rien à dire ?

Entre « passe-moi-la-folie » et « pleurer-rire », de la folie communicative de notre société au temps qui passe et qui nous échappe, un très bon moment à passer en assistant à cette pièce absurde, si pleine de sens…

C’est parce que le théâtre est toujours une histoire de famille, et que le Théâtre de l’acte fait maintenant partie de notre grande famille Paroles Paroles, nous sommes heureux d’accueillir une nouvelle fois le père, la mère et  cette année, la fille ! Bonne pioche.

 Distribution : La Groulle : Ninon Legendre / L’effarée :  Françoise Hamard-Legendre / Le tiers : Michel Legendre

 Mise en scène collective

Du vide sous les toits

Mathilde Burucoa 

Compagnie Couverture(s) – Livarot (14) – Scène professionnelle

Voilà un spectacle qui questionne, droit au cœur de la jeunesse et de l’actualité. Le pouvoir de changer les choses serait-il entre nos mains ? N’en rien faire et être heureux pour soi est-il un droit ? Agathe, Nora et Louis ne se connaissaient pas avant de vivre ensemble. Au sein d’un laboratoire désaffecté, ils reconstruisent un lieu de vie isolé du monde. Une quatrième les rejoint. Elle s’y plaît. S’y guérit. Le temps passe. Mais voilà qu’elle doute. Dans un monde qui donne l’impression que tout demande à être sauvé, ce qu’ils appellent « le Hangar » serait-il suffisant ?

Du vide sous les toits interroge le spectateur sur l’utilité, la nécessité, la responsabilité et la possibilité de l’engagement de tout un chacun face à des situations de crises vécues au quotidien comme celles, extraordinaires, vécues suite aux attentats de novembre 2015. Découverte au Tanit Théâtre cette année, la jeune compagnie Couverture(s) a tout d’une grande ! Il y a urgence à découvrir ce beau texte.

Distribution : Noémie Fourdan, Estelle Graczyk, Margot Réminiac, Nicolas Stark-Nesjoua et Thomas Justine 

Mise en scène : Mathilde Burucoa 

Dom Juan

Molière

 Théâtre

 TROC – Théâtre du ROi de Coeur  (Maurens – Dordogne)

Scène professionnelle

Dom Juan a séduit Done Elvire, mais veut en épouser tant d’autres. Contraint de jouer double jeu, il assure à chacune, tour à tour, son amour. Mais finit par être activement recherché. Déguisés, Dom Juan et Sganarelle font route pour échapper à leurs poursuivants…

Voilà un homme qui ne lâche jamais : Dom Juan tiendra jusqu’au bout, jusqu’à sa propre fin. Il n’a de foi qu’en lui-même, il cueille le moment présent avec un égoïsme à faire hurler : il fascine, il séduit, il horrifie.

Tout le monde connaît Dom Juan pour son nom et pour l’aspect séducteur de son caractère, mais il n’est pas que cela…

Découvert lors de l’édition 2016 avec Alice au Pays des merveilles, le pétillant Théâtre du Roi de Cœur invite une nouvelle fois le spectateur à découvrir et entretenir la mémoire d’une légende dans une mise en scène toujours dépoussiérée. Ici ce sont quatre comédiens qui se partagent tous les rôles. Le drame se mêle à la fête, le tragique au comique… Une soirée incontournable !

Avec Paul Bertin-Hugault, Nicolas Grosrichard, Maud Bouchat, Alexandre Risso

Mise en scène: Chloé de Broca / Assistant mise en scène : Martin Jaspar